Les chenilles processionnaires sont un fléau dans toutes les forêts de pins.

Vous avez surement déjà vu ces "cocons" ... et notre Provence n'est pas épargnée!

nid
 d'hivers de la processionnaire du pin    

Risques pour l'homme et les animaux :

Les chenilles processionnaires sont recouvertes de poils qui peuvent provoquer une irritation chez les personnes et les animaux, même sans contact direct avec les insectes.

Ces poils très légers se détachent très facilement dès que la chenille est inquiétée ou excitée et sont emportés par le vent. Dès le premier contact, la substance urticante et allergisante qu'il contient se libère, provoquant des démangeaisons très vives. Ces irritations se caractérisent par des érythèmes ou des éruptions purulentes accompagnés parfois d'atteintes oculaires ou pulmonaires, et des réactions allergiques graves telles que les oedèmes de Quincke ou des chocs anaphylactiques.
Les poils sont très présents dans les nids puisque les mues y sont effectuées et ils peuvent rester urticants pendant plusieurs années s'ils sont préservés de l'humidité.

Vous trouverez sur internet d'horribles photos des blessures... je vous les épargne ici!

Des contacts répétés avec la chenille processionnaire ou les nids aggravent les réactions.

Un peu de biologie :

Le cycle biologique de cet insecte est annuel; il peut se schématiser en 8 étapes :

cycle biologique processionnaire du pin

1. A partir de mi-juin, les papillons de nuit sortent de terre. Mâles et femelles s'accouplent, puis les mâles meurent un ou deux jours après.

2. La femelle s'envole et dépose entre 70 et 300 oeufs sur les aiguilles de pin. Puis elle meurt à son tour.

3. Les chenilles éclosent 30 à 45 jours après la ponte. Elles se nourrissent avec les aiguilles du pin, et sont reliées entre elles par un fil de soie.

4. Au cours de leur croissance, les chenilles changent de couleur et se couvrent de plus en plus de poils (jusqu'à 1 million).

5. Les chenilles construisent un abri en soie en automne, sur la branche d'un pin. Elles passent l'hiver dans cet abri ne sortant que la nuit pour entretenir leur nid et se nourrir. La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact de la tête d'une chenille avec les poils de l'abdomen de celle qui la précède.

6. Au printemps, la colonie conduite quitte l'abri et se dirige vers le sol. C'est la procession : toutes les chenilles se tiennent les unes aux autres et se déplacent en une longue file qui  peut compter plusieurs centaines d'insectes.

Au bout de plusieurs jours, elles s'arrêtent dans un endroit bien ensoleillé et s'enfouissent dans le sol.

7. Deux semaines plus tard, toujours dans le sol, les processionnaires tissent des cocons individuels, se transforment en chrysalides et restent dans cet état pendant plusieurs mois (ou parfois plusieurs années selon les régions).

8. Au bout de quelques mois, toujours sous terre, chaque chrysalide se métamorphose en papillon. Et puis, un soir d'été, les papillons sortent de terre...

 (merci aux nombreux sites bien documentés qui m'ont aidée à comprendre!)

Lutte biologique:

Outre la destruction systématique des nids (par le feu et avec moultes précautions et protections), si l'on veut ne pas employer de pesticides / insecticides pas toujours inofensifs, la lutte n'est pas aisée : il y a peu de prédateurs naturels.

Les oiseaux en général ne les mangent pas à cause de leurs poils urticants et de leur mauvais goût.

Seuls le coucou et la mésange s'attaquent aux chenilles, parfois même dans leur nid, ou lorsqu'elles sont en procession.